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OVNIS : les cinq vagues de déclassification — ce que révèlent vraiment les dossiers

Depuis le 8 mai 2026, Washington publie par tranches des milliers de pages, images, témoignages et vidéos consacrés aux phénomènes anormaux non identifiés. Une cinquième vague a bien été mise en ligne le 7 août 2026. Mais derrière les mots « déclassifié », « non résolu » et…

OVNIS : les cinq vagues de déclassification — ce que révèlent vraiment les dossiers
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PURSUE 2026

Cinq vagues en trois mois : ce qui a réellement été publié

Le programme s’appelle PURSUE — Presidential Unsealing and Reporting System for UAP Encounters. Il a été créé pour centraliser la recherche, la révision, la déclassification et la publication de dossiers liés aux UAP, l’acronyme officiel désormais utilisé aux États-Unis pour les phénomènes anormaux non identifiés.

Le point essentiel est souvent perdu dans les titres : PURSUE n’est pas une publication d’un « dossier secret sur les extraterrestres ». Le portail regroupe des documents historiques, des témoignages, des photographies, des images de capteurs et des cas qualifiés de non résolus. Le Department of War précise lui-même qu’un dossier peut être non résolu simplement parce que les données disponibles ne permettent pas une identification définitive.

Les cinq tranches PURSUE publiées en 2026

Vague 1 — lancement du portail

Le premier lot comprend 158 fichiers selon le portail initial et la presse ayant analysé la publication. Le téléchargement officiel représente environ 1,2 Go de documents et 1,3 Go de vidéos. On y trouve des rapports remontant à 1947, des documents déjà connus, des archives liées aux missions Apollo et de nouvelles versions de vidéos ou d’images. Cette première vague crée surtout un point d’accès centralisé.

Vague 2 — beaucoup plus de vidéo

Le second lot comporte 64 fichiers selon CBS News. Le portail officiel propose environ 70,1 Mo de documents mais 5,6 Go de vidéos. Il mélange dossiers historiques et récits modernes, notamment des rapports provenant de sites sensibles, des documents de renseignement et des séquences de capteurs.

Vague 3 — nouveaux témoignages et cas modernes

La troisième tranche représente environ 826 Mo de documents et 4,6 Go de vidéos. Elle ajoute des cas récents, des signalements d’objets lumineux ou sphériques, des témoignages et des archives NASA. Plusieurs médias qui ont examiné le lot soulignent à nouveau l’absence de données techniques suffisantes pour transformer ces cas en démonstrations scientifiques.

Vague 4 — retour aux débuts de l’ère des soucoupes

Le quatrième lot représente environ 227 Mo de documents et 1,4 Go de vidéos. Il contient notamment des archives de 1948-1949 liées à Project Sign et à une conférence de Los Alamos sur des phénomènes aériens, mais aussi des vidéos modernes encore non résolues en mer de Chine, en mer Jaune et ailleurs, ainsi que des images NASA de la mission STS-80.

Vague 5 — 41 nouveaux fichiers et le cas du golfe d’Oman

La cinquième tranche représente environ 130 Mo de documents et 513 Mo de vidéos. CBS News recense 41 nouveaux fichiers provenant notamment du Pentagon, du FBI, de la CIA, du Department of State et de l’Executive Office of the President, couvrant des événements de 1950 à 2026. Le lot inclut aussi des reconstitutions artistiques de témoignages : elles illustrent ce qu’un témoin affirme avoir vu, elles ne constituent pas des photographies de l’objet décrit.


Chronologie graphique des cinq vagues PURSUE de mai à août 2026 avec les volumes officiels de documents et vidéos
PURSUE 2026 : cinq tranches ont été publiées entre le 8 mai et le 7 août. Les volumes sont ceux affichés par le portail officiel au 13 août 2026.
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VAGUE 5

Le cas le plus spectaculaire : les « cold orbs » du golfe d’Oman

Le dossier qui attire le plus l’attention dans la cinquième vague concerne un exercice de tir mené en septembre 2021 au-dessus du golfe d’Oman par des forces américaines à bord d’un AC-130J.

Le rapport de renseignement accompagnant les images indique que l’équipage aurait observé environ 25 occurrences d’UAP. Il les décrit comme des « cold orbs » volant à basse altitude, avec des vitesses estimées entre 250 et 1 300 miles par heure, évoluant en différentes formations et semblant réagir aux tirs du canon principal de l’appareil. Plusieurs versions vidéo ont été publiées.

C’est précisément le type de document qui rend la nouvelle vague plus intéressante que la seule republication d’archives des années 1950 : il s’agit d’un événement militaire récent, documenté par plusieurs systèmes et conservé comme non résolu.

Mais une précaution est indispensable. Les vitesses et comportements mentionnés sont ceux rapportés dans le document de renseignement. Leur présence dans un fichier officiel ne les transforme pas automatiquement en mesures physiques indépendamment validées. Pour conclure à des performances réellement extraordinaires, il faudrait disposer de la télémétrie complète, de la géométrie d’observation, de la distance, des paramètres capteurs et d’une analyse instrumentale reproductible.

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CONTENU

Que trouve-t-on vraiment dans ces dossiers ?

Après cinq vagues, le tableau est beaucoup moins simple qu’une opposition entre « preuve extraterrestre » et « rien du tout ». Les publications regroupent plusieurs catégories de valeur très différente.

D’abord, une quantité importante d’archives historiques : rapports militaires des années 1940 et 1950, correspondances administratives, coupures, synthèses de renseignement, dossiers Project Sign ou Project Blue Book, documents CIA et FBI. Leur intérêt est historique et institutionnel, mais beaucoup étaient déjà accessibles sous une forme ou une autre.

Ensuite viennent les témoignages : pilotes, militaires, agents publics, civils ou anciens employés racontent ce qu’ils disent avoir observé. Certains récits sont précis et intrigants. D’autres reposent sur une mémoire ancienne, une observation très courte ou une information de seconde main. Un témoignage peut justifier une enquête ; à lui seul, il ne permet pas de mesurer la vitesse, la distance ou la nature d’un objet.

Troisième catégorie : les photographies et vidéos. C’est la partie la plus médiatique, mais souvent la plus frustrante. On voit des points, des formes sombres, des sources infrarouges, des lumières ou des objets dont le contexte géométrique est incomplet. Certaines séquences peuvent montrer un objet réel tout en restant impossibles à identifier précisément.

Enfin, on trouve des documents analytiques et des dossiers modernes provenant de capteurs militaires. Ce sont potentiellement les pièces les plus intéressantes — à condition que les données techniques qui permettent une analyse indépendante soient elles aussi publiées.

Infographie expliquant les différents types de contenus présents dans les dossiers déclassifiés UAP et ce qu’ils permettent réellement de conclure
Un dossier officiel peut contenir une observation réelle sans permettre d’identifier son origine. La qualité de la preuve dépend surtout des données mesurables et du contexte disponible.

Le point le plus important n’est pas de demander si un fichier est « officiel », mais ce que ce fichier permet réellement de démontrer.

Éditions Fractales — Principe de lecture du dossier
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AARO

Les chiffres officiels refroidissent les interprétations les plus extraordinaires

Le rapport annuel FY2025 de l’All-domain Anomaly Resolution Office, publié le 20 juillet 2026, constitue probablement le meilleur contrepoids aux images spectaculaires de PURSUE.

Au 30 mai 2025, AARO indiquait détenir 1 870 rapports dans son portefeuille de cas. Sur les 319 rapports reçus pendant la période couverte, 114 ont été résolus. En ajoutant les dossiers plus anciens résolus durant la même période, AARO compte 370 résolutions.

Selon le rapport, tous les cas résolus ont été attribués à des objets ou phénomènes ordinaires : ballons, satellites, oiseaux, aéronefs, drones, ainsi qu’un lancement de fusée commerciale et un jetpack piloté. L’agence explique également qu’une nouvelle capacité de modélisation lui a permis d’identifier de nombreux signalements comme des reflets de satellites.

Sur les 319 dossiers de la période, neuf ont été considérés comme méritant une analyse supplémentaire avec des partenaires du renseignement ou des spécialistes scientifiques et techniques. En revanche, 191 ont été placés dans une « active archive » parce que les informations disponibles sont insuffisantes pour déterminer si le phénomène correspond à quelque chose de connu ou dépasse les performances technologiques connues.

Infographie des chiffres clés du rapport AARO FY2025 : 1870 dossiers, 319 rapports, 114 résolus, 191 archivés faute de données et 9 à analyser davantage
AARO FY2025 : beaucoup de dossiers restent ouverts, mais la raison dominante n’est pas la démonstration d’une technologie extraordinaire — c’est souvent l’insuffisance des données.
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HISTOIRE

La déclassification des OVNIS n’a pas commencé en 2026

Les cinq vagues de 2026 sont cinq tranches officiellement numérotées dans PURSUE. Elles ne doivent pas être confondues avec toute l’histoire de la divulgation américaine, qui remonte à plusieurs décennies et n’a jamais été organisée en « cinq vagues » avant cette initiative.

À la fin de Project Blue Book, l’Air Force a transféré ses dossiers aux National Archives. Le bilan officiel de Blue Book porte sur 12 618 observations entre 1947 et 1969, dont 701 sont restées classées « unidentified ». L’Air Force concluait toutefois qu’aucun de ces dossiers n’avait démontré une menace pour la sécurité nationale, une technologie au-delà des connaissances scientifiques de l’époque ou un véhicule extraterrestre.

En 1978, la CIA a déclassifié des centaines de documents concernant ses investigations et son suivi du phénomène, principalement issus de la fin des années 1940 et des années 1950. Le FBI a lui aussi rendu publics ses dossiers ; son propre site rappelle par exemple que le célèbre mémo Hottel de 1950 n’était pas une nouvelle preuve de Roswell et qu’il avait déjà été rendu public à la fin des années 1970.

Le 27 avril 2020, le Department of Defense a officiellement publié les trois vidéos historiques de la Navy connues sous les noms FLIR1, GIMBAL et GOFAST afin de confirmer l’authenticité des enregistrements militaires qui circulaient déjà. Le département précisait alors que les phénomènes visibles restaient caractérisés comme « unidentified ».

En juin 2021, l’Office of the Director of National Intelligence a publié sa première évaluation préliminaire UAP. Puis AARO a été créé en 2022. En 2024, son rapport historique a examiné les accusations de programmes secrets de récupération et de rétro-ingénierie. La même année, le National Defense Authorization Act a imposé la création d’une collection nationale dédiée.

Depuis 2025, les National Archives alimentent ainsi Record Group 615, une collection UAP qui reçoit des transferts numériques de plusieurs agences fédérales. Au 13 août 2026, NARA y répertorie notamment des fonds FAA, Nuclear Regulatory Commission, ODNI, Office of the Secretary of Defense, NSA, State Department et FBI. Les archives proposent également des téléchargements en masse avec métadonnées.

Frise chronologique des grandes étapes de la publication officielle des dossiers OVNI et UAP aux États-Unis de 1969 à 2026
Les cinq vagues PURSUE s’inscrivent dans une histoire beaucoup plus longue : Blue Book, CIA, FBI, vidéos Navy, rapport ODNI, AARO, puis Record Group 615 des National Archives.
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DÉCEPTION

Pourquoi beaucoup d’ufologues restent sur leur faim

La déception existe, mais il serait trompeur de parler d’une réaction unique des « ufologues » ou du public. Les chercheurs du domaine sont eux-mêmes divisés sur la portée des publications.

Après la première vague, Mark Rodeghier, du J. Allen Hynek Center for UFO Studies, a considéré l’ouverture comme un début utile tout en soulignant que beaucoup de documents étaient déjà connus. Son attente principale : des dossiers complets, avec métadonnées, historique d’enquête et contexte, plutôt que des clips isolés.

Robert Powell, de la Scientific Coalition for UAP Studies, a également reconnu la valeur de la publication tout en estimant que des fichiers expurgés sans véritable évaluation scientifique ne constituaient pas une réponse suffisante.

Alejandro Rojas a résumé une frustration très concrète : dans de nombreux cas manquent encore les coordonnées, paramètres capteurs, altitude, confirmation de vitesse et analyse détaillée. C’est crucial, car un objet peut être classé UAP simplement parce que les données sont insuffisantes pour l’identifier.

À l’inverse, d’autres observateurs voient le changement institutionnel comme important. Michael Gold, ancien membre de l’équipe indépendante UAP de la NASA, insiste sur la valeur scientifique du fait qu’une administration reconnaisse publiquement qu’elle ne sait pas résoudre certains dossiers et mette des données à disposition.

07
BILAN

Alors, déception ou avancée majeure ?

Si l’on attendait des cinq vagues la preuve d’un engin extraterrestre, de corps récupérés ou d’un programme industriel de rétro-ingénierie, le bilan est jusqu’ici décevant : aucune publication ne démontre cela. Les conclusions officielles d’AARO vont même dans le sens opposé et indiquent qu’aucune preuve empirique de telles affirmations n’a été trouvée.

Si l’on juge en revanche l’opération sur la transparence, le résultat est beaucoup plus substantiel. Des archives dispersées sont centralisées, des agences multiples versent leurs documents, les National Archives construisent une collection légale pérenne, des vidéos militaires récentes deviennent téléchargeables et des cas non résolus sont exposés au regard extérieur.

Le paradoxe est là : plus le gouvernement publie, plus on découvre à la fois qu’il existe réellement une masse de signalements pris au sérieux — et que cette masse n’équivaut pas à une preuve d’origine extraterrestre.

Ce qui reste scientifiquement intéressant n’est donc pas le nombre brut de dossiers « non résolus », mais le petit sous-ensemble de cas pour lesquels plusieurs capteurs fiables, des données complètes et une chaîne de conservation solide permettraient de démontrer des performances incompatibles avec les explications ordinaires. Les cinq vagues actuelles contiennent des candidats intrigants, en particulier certains dossiers militaires récents. Elles ne fournissent pas encore ce niveau de preuve au public.

08
LIENS

Où consulter soi-même les documents officiels ?

La meilleure manière d’aborder ce sujet est de revenir aux sources primaires. Les liens ci-dessous conduisent directement aux portails et rapports des administrations américaines. Les deux dernières références sont des analyses journalistiques utilisées uniquement pour restituer les réactions de chercheurs et le contenu détaillé de certaines vagues.

Documents officiels et références


  1. OFFICIEL — PURSUE : portail central des cinq vagues UAP 2026

  2. OFFICIEL — Department of War : annonce de la première vague, 8 mai 2026

  3. OFFICIEL — AARO : rapports au Congrès, dont le rapport FY2025 publié le 20 juillet 2026

  4. OFFICIEL — AARO : FY2025 Consolidated Annual Report on UAP (PDF)

  5. OFFICIEL — AARO : Historical Record Report Volume 1, 2024 (PDF)

  6. OFFICIEL — AARO : UAP Records / Information Papers

  7. OFFICIEL — AARO : imagerie UAP officielle et cas non résolus

  8. OFFICIEL — National Archives : portail UFO/UAP

  9. OFFICIEL — National Archives : Record Group 615, collection UAP

  10. OFFICIEL — National Archives : téléchargements en masse des archives UAP

  11. OFFICIEL — National Archives : Project Blue Book

  12. OFFICIEL — CIA : documents UFO déclassifiés et collection « X-Files »

  13. OFFICIEL — FBI Vault : dossiers UFO

  14. OFFICIEL — FBI : mise au point sur le mémo Guy Hottel

  15. OFFICIEL — Department of Defense : publication des trois vidéos historiques Navy, 27 avril 2020

  16. OFFICIEL — ODNI : Preliminary Assessment on UAP, 25 juin 2021 (PDF)

  17. ANALYSE — Space.com : réactions de chercheurs à la première vague PURSUE

  18. ANALYSE — CBS News : contenu de la cinquième vague et dossier du golfe d’Oman

Fin du dossier