La première vidéo n’était peut-être que l’entrée
Dans la première partie de cette enquête, nous avions commencé avec un étrange enchaînement autour de Donald Trump : Cole Allen, un compte fantôme, une bannière intitulée « Time Machine », Nikola Tesla, John George Trump et les romans oubliés d’Ingersoll Lockwood.
Puis un détail est resté en suspens.
Dans ces vieux livres de la fin du XIXe siècle, un enfant s’appelle Baron Trump. Il vit dans un château portant son nom. Il part vers la Russie. Il suit les indications d’un homme appelé Don. Et il cherche l’accès à un monde caché sous le nôtre.
Cette fois, au lieu de remonter immédiatement vers Tesla et les théories de voyage temporel, nous allons dans l’autre direction. Plus profondément. Vers l’homme dont l’ombre plane sur tout cet imaginaire : Lewis Carroll.
Lewis Carroll, l’homme qui cachait des choses dans les mots
Tout le monde connaît Alice. Beaucoup moins connaissent Charles Lutwidge Dodgson, l’homme derrière le nom de Lewis Carroll.
Mathématicien, logicien, passionné de jeux de langage et de cryptographie, Carroll aimait les constructions à plusieurs niveaux. Son propre pseudonyme naît d’une transformation savante de ses prénoms. Dans ses textes, les lettres peuvent cacher des noms. Les poèmes deviennent des énigmes. Les mots inventés semblent parfois avoir été déposés là comme des pièces de puzzle.
Les acrostiches liés à Alice Liddell et à ses sœurs sont devenus célèbres. Et Jabberwocky, avec ses mots impossibles comme brillig, slithy, toves ou borogoves, continue de donner l’impression qu’un sens supplémentaire pourrait se cacher derrière le langage lui-même.
Chez Carroll, le monde visible n’est jamais tout à fait suffisant. Il y a toujours une porte, un miroir, un passage, un jeu dont nous ne connaissons peut-être pas toutes les règles.
Puis apparaît Baron Trump
Quelques décennies plus tard, Ingersoll Lockwood publie les aventures d’un jeune héros au nom devenu aujourd’hui presque impossible à lire sans sursauter : Little Baron Trump.
Le garçon vit à Castle Trump. Il est guidé par les écrits d’un savant nommé Don Fum. Il part vers Saint-Pétersbourg, poursuit son voyage vers le nord de la Russie et cherche les portails d’un « monde dans le monde ».
Difficile, en lisant cela aujourd’hui, de ne pas penser au terrier d’Alice.
Deux enfants. Deux réalités qui basculent. Deux descentes vers un univers caché sous la surface. Chez Carroll, le passage mène au Pays des merveilles. Chez Lockwood, il mène à des civilisations souterraines et à des royaumes impossibles.
Et soudain, ce qui ressemblait à un vieux conte pour enfants devient autre chose : un miroir tendu vers notre époque.
John Barron : quand le patronyme revient un siècle plus tard
C’est ici que l’histoire devient encore plus étrange.
Bien avant que son fils Barron ne naisse, Donald Trump utilisait un autre nom lorsqu’il parlait parfois à la presse : John Barron.
Un personnage presque fictif, présenté comme un porte-parole de la Trump Organization. Un masque. Une identité utilisée dans l’ombre.
Des années plus tard, le prénom Barron devient celui de son fils.
Et bien avant tout cela, Lockwood avait déjà placé au centre de ses romans un jeune Baron Trump.
Le même son revient, comme un écho lointain entre trois époques. Un auteur du XIXe siècle. Un homme d’affaires new-yorkais du XXe. Un président du XXIe.
Dans un autre dossier, ce ne serait peut-être qu’un détail. Ici, au milieu des miroirs de Carroll, des pseudonymes et des mondes cachés, le détail prend une couleur différente.
Le dernier président et le vertige des ressemblances
Lockwood ne s’arrête pas aux aventures de Baron Trump.
En 1896, il publie 1900; or, The Last President, une satire politique qui commence à New York, dans une Amérique bouleversée par l’élection d’un candidat outsider.
La colère gagne la ville. La Cinquième Avenue entre dans le récit. Des foules marchent vers les symboles de la richesse. Puis un autre nom surgit dans le gouvernement imaginaire du livre : Pence.
Et le calendrier lui-même semble participer au jeu. Le roman commence un 3 novembre. Plus d’un siècle plus tard, le 3 novembre 2020 devient le jour d’une élection américaine qui mènera, quelques semaines après, aux événements du 6 janvier 2021.
À partir de là, le lecteur peut faire ce que font tous ceux qui descendent dans un terrier : regarder derrière lui et se demander à quel moment le chemin a commencé à changer.
Et si les livres avaient simplement attendu qu’on les relise ?
C’est ici que la deuxième vidéo rejoint pleinement l’univers d’Alice.
Un livre oublié pendant plus d’un siècle peut soudain prendre une apparence nouvelle lorsqu’il est relu depuis le futur. Des noms qui semblaient anodins deviennent familiers. Des dates résonnent différemment. Des lieux changent de sens. Des phrases anciennes ressemblent à des messages laissés pour quelqu’un qui n’était pas encore né.
Alors la théorie surgit presque naturellement : et si quelqu’un avait su ? Et si Lockwood avait reçu quelque chose, une information, une intuition, un fragment venu d’ailleurs ou d’un autre temps ?
C’est là que reviennent Nikola Tesla, John George Trump, les papiers saisis après la mort du savant et toutes les histoires qui entourent depuis des années les expériences sur le temps, l’énergie et les secrets perdus.
On peut lire tout cela comme une extraordinaire accumulation de coïncidences. On peut aussi choisir, le temps d’une vidéo, de suivre le lapin blanc un peu plus loin.
Car dans le monde d’Alice, la question la plus intéressante n’est pas toujours : « Est-ce possible ? »
C’est parfois simplement : « Jusqu’où mène le passage ? »
Bienvenue de l’autre côté
La deuxième partie de Donald Trump et le voyage dans le temps reprend précisément ce fil : Lewis Carroll, les codes, Baron Trump, John Barron, The Last President, la Cinquième Avenue, Pence et cette étrange impression qu’un même motif revient encore et encore.
La deuxième partie est désormais disponible ci-dessous. Elle reprend précisément ce fil : Lewis Carroll, les codes, Baron Trump, John Barron, The Last President, la Cinquième Avenue, Pence et cette étrange impression qu’un même motif revient encore et encore.
Pour aller plus loin
- Éditions Fractales : Donald Trump et le voyage dans le temps - Partie 1
- Éditions Fractales : Donald Trump et le voyage dans le temps - Partie 2
- Lewis Carroll Resources : Charles Dodgson et ses systèmes de chiffrement
- Project Gutenberg : Travels and Adventures of Little Baron Trump
- Project Gutenberg : Baron Trump’s Marvellous Underground Journey
- Library of Congress : 1900; or, The Last President
- The Washington Post : John Barron et Donald Trump


