Un grand vide réellement découvert
En 2017, ScanPyramids annonce une anomalie de muons au-dessus de la Grande Galerie. Trois technologies et analyses distinctes convergent vers un vide d’au moins trente mètres. Sa forme exacte et sa fonction ne sont toujours pas connues. Il peut s’agir d’un espace structurel, d’un dispositif de chantier ou d’autre chose. Le mot « chambre secrète » va au-delà des données.
Un corridor invisible depuis l’extérieur
Un second vide proche des chevrons de la face nord a été détecté puis précisément caractérisé en 2023. En 2025, des méthodes complémentaires de radar, ultrasons et résistivité ont confirmé sa présence et étudié sa géométrie. Voilà à quoi ressemble une découverte robuste : plusieurs techniques, publications et convergence progressive.
Une nouvelle génération de muographie se prépare
Le projet ScIDEP développe des télescopes à muons pour explorer la pyramide de Khafre depuis plusieurs points de vue. L’objectif est de détecter d’éventuelles structures internes non connues. Le projet illustre la différence entre « chercher des chambres » et « annoncer une ville » avant mesure indépendante.

Une annonce spectaculaire sans confirmation de terrain
En 2025, Filippo Biondi, Corrado Malanga et leurs collaborateurs ont popularisé des reconstructions issues de données radar satellitaires qu’ils interprètent comme des structures profondes sous Khafre : puits, cylindres et vastes volumes. Des médias ont parlé d’une cité souterraine. Des spécialistes du radar et des archéologues ont contesté la profondeur accessible, la méthodologie et l’absence de validation indépendante. Aucune excavation n’a confirmé ces formes.

Voir sous une pyramide depuis l’espace est une affirmation très forte
Le radar à synthèse d’ouverture fonctionne remarquablement pour la surface et certaines applications géophysiques. Le modèle de Biondi propose d’extraire des informations de micro-mouvements et vibrations afin de reconstruire l’intérieur ou le sous-sol. Une méthode aussi nouvelle doit être validée sur des structures connues, avec données ouvertes et réplication indépendante, avant que des formes colorées deviennent des colonnes réelles.
Tout n’est pas imaginaire
En 2024, une étude géophysique dans le cimetière occidental de Giza a identifié une structure en L peu profonde et une anomalie plus profonde. Les auteurs eux-mêmes sont restés prudents sur sa nature et ont demandé une excavation. Ce type de résultat montre qu’il existe encore des structures enterrées à découvrir autour du plateau sans avoir besoin de sauter immédiatement à l’hypothèse d’une mégacité.

Une nouvelle affirmation en 2026
En 2026, Biondi a également évoqué dans des médias et podcasts la possibilité d’une seconde grande forme sphinxienne sous un monticule du plateau. À ce stade, cette proposition n’est pas confirmée par une fouille ni par un consensus scientifique. Elle doit être enregistrée comme une revendication à tester, pas comme une découverte archéologique.

ScanPyramids a déjà prouvé qu’il restait des surprises
Ce serait une erreur de répondre à toute nouvelle anomalie par « impossible ». La Grande Pyramide contient effectivement des volumes qui n’étaient pas connus des chercheurs modernes. Mais ce serait une erreur symétrique de transformer toute anomalie numérique en cité. La frontière entre ouverture et crédulité se situe dans la réplication.
La technologie peut réellement changer notre compréhension
Muographie plus précise, radar, ultrasons, tomographie électrique, photogrammétrie et robots miniatures permettent d’explorer sans endommager les monuments. Si une rampe interne, une chambre, un vide de chantier ou une structure souterraine importante existe, nous disposons enfin d’outils capables de la tester. La meilleure partie du mystère est peut-être encore devant nous.
Le but n’est pas de choisir la théorie qui fait le plus rêver ni celle qui rassure le plus. Le but est de savoir ce que chaque théorie explique réellement, et ce qu’elle laisse dans l’ombre.
Sources scientifiques, archéologiques et pistes contradictoires
- PERSÉE / PIERRE TALLET : Journaux de bord du règne de Chéops au Ouadi el-Jarf, dont le journal de Merer
- AERA : Lost City of the Pyramid Builders, habitat, ateliers et logistique des bâtisseurs
- HARVARD DIGITAL GIZA : Dossier documentaire de la pyramide de Khéops
- NATURE : ScanPyramids Big Void, muographie de la Grande Pyramide
- NATURE COMMUNICATIONS : Caractérisation du corridor de la face nord
- SCIENTIFIC REPORTS 2025 : Confirmation multimodale du corridor de la face nord
- SCIDEP 2025 : Projet de muographie de la pyramide de Khafre
- ARXIV BIONDI MALANGA : Méthode SAR Doppler proposée pour imager la pyramide
- AFP FACT CHECK : Critiques scientifiques des annonces de structures géantes sous Khafre
- NATIONAL GEOGRAPHIC : Analyse du débat sur la supposée cité souterraine



