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ILS ÉTAIENT LÀ, À 3 000 MÈTRES : d’immenses cercles de pierre découverts dans les Andes grâce aux satellites

Au cœur de la Cordillère du Tigre, dans les Andes argentines, une forme impossible à comprendre depuis le sol est apparue sur des images satellites : de grands cercles de pierre, des passages, des secteurs rectangulaires, un ensemble organisé à plus de 3 000 mètres d’altitude. Il a…

ILS ÉTAIENT LÀ, À 3 000 MÈTRES : d’immenses cercles de pierre découverts dans les Andes grâce aux satellites
01
Le dessin apparaît

Depuis le sol, des pierres. Depuis le ciel, autre chose.

Dans la Cordillère du Tigre, le paysage est immense.

Des pentes sèches. Des arêtes rocheuses. Des vallées qui semblent ne mener nulle part. Et, par endroits, presque aucune eau immédiatement disponible.

C’est dans ce décor que Carlos Gobbi, alpiniste de Mendoza passionné par le patrimoine de la montagne, cherche depuis des années des traces laissées par les populations anciennes.

En mai 2025, il ne marche pourtant pas dans la montagne.

Il regarde un écran.

En parcourant la région sur Google Earth, il remarque des formes qui ne ressemblent pas au désordre naturel du relief.

Des courbes.

Des alignements.

Des cercles.

Puis des passages qui semblent relier certaines formes entre elles.

Depuis le sol, ces constructions auraient pu se confondre avec des murets, des accumulations de pierres ou les cicatrices ordinaires d’un paysage minéral.

Depuis les images satellites, le dessin change d’échelle.

Quelque chose semble organisé.

Et une question apparaît immédiatement : qui a voulu organiser la montagne de cette façon ?

Vue aérienne cinématographique d’un ensemble de grands cercles de pierre sur un plateau des Andes
Reconstitution éditoriale photo-réaliste inspirée de la description générale du site. Ce visuel n’est pas une photographie documentaire des structures de la Cordillère du Tigre.
02
14 février 2026

Deux expéditions échouent. La troisième atteint enfin les cercles.

Voir un point sur une carte est une chose.

Y parvenir en est une autre.

Gobbi tente une première approche en septembre 2025.

Échec.

Il recommence en novembre.

Nouvel échec.

La zone est isolée, le terrain difficile, les communications pratiquement inexistantes et l’eau rare sur le trajet.

Il faut attendre le 14 février 2026.

Cette fois, accompagné d’Adrián Radich et de Gabriel Orofino, il atteint enfin le secteur après une traversée de presque quatre jours.

Et les formes observées depuis l’espace ne disparaissent pas lorsqu’on pose le pied sur place.

Les explorateurs découvrent bien des constructions de pierre.

Des passages.

Des murs bas.

Des secteurs où des pierres ont été disposées dans ou autour de zones excavées.

Et surtout ces grands cercles, certains mesurant entre 27 et 35 mètres de diamètre.

À cette échelle, on n’est plus devant quelques pierres empilées au hasard.

La question n’est plus de savoir si quelque chose existe.

La question devient : qu’est-ce que c’était ?

Explorateur observant les montagnes andines depuis un secteur de haute altitude
Illustration éditoriale photo-réaliste évoquant la difficulté d’accès au site. Elle ne représente pas Carlos Gobbi ni l’expédition réelle.
03
Une anomalie dans le paysage

Pourquoi construire autant de pierre dans un endroit où l’on ne semble pas avoir vécu ?

Le détail le plus fascinant n’est peut-être pas la forme des cercles.

C’est l’endroit où ils se trouvent.

Plus de 3 000 mètres d’altitude.

Un accès compliqué.

Pas d’eau immédiatement disponible dans les environs du site selon les premiers récits.

Et, lors du premier relevé, pas de poteries visibles en surface, pas de restes alimentaires évidents, pas de mobilier permettant de reconnaître immédiatement un habitat permanent.

Les archéologues Cristina Prieto-Olavarría et Horacio Chiavazza considèrent donc qu’il ne s’agissait probablement pas d’un lieu occupé en permanence.

Cela change complètement la manière de regarder ces murs.

Si l’on n’y vivait pas, pourquoi monter jusque-là ?

Pourquoi construire des structures circulaires de plusieurs dizaines de mètres ?

Pourquoi relier certains espaces entre eux ?

Pourquoi choisir précisément cette portion de montagne ?

Une fonction rituelle ou symbolique fait partie des hypothèses examinées.

Ce n’est pas encore une conclusion.

Mais dans les Andes, la haute montagne n’a jamais été un espace vide de sens.

04
Le mot qui intrigue

Un géoglyphe ? Les chercheurs eux-mêmes n’en sont pas encore certains.

Le terme a immédiatement attiré l’attention : géoglyphe.

Il évoque forcément Nazca, ses lignes gigantesques et ses figures dont la forme complète apparaît surtout lorsqu’on prend de la hauteur.

Mais ici, la prudence est essentielle.

Les chercheurs n’affirment pas que la Cordillère du Tigre abrite un nouveau Nazca.

Ils étudient la possibilité que l’ensemble puisse entrer dans la catégorie des géoglyphes ou, plus largement, dans celle d’une architecture pensée à l’échelle du paysage.

La différence est importante.

Un géoglyphe est normalement une grande figure produite au sol par déplacement, retrait ou accumulation de matériaux.

Or le site de Mendoza comprend aussi une véritable architecture de pierres : cercles, passages, murs et secteurs aménagés.

Il pourrait donc se situer quelque part entre la construction, le marquage du territoire et le dessin monumental.

C’est justement ce flou qui le rend si intéressant.

Le lieu semble avoir une lecture au niveau du sol.

Mais une autre lecture n’apparaît que lorsqu’on prend de la hauteur.

Et il aura fallu nos satellites pour que cette seconde image nous saute aux yeux.

Grand cercle de pierre relié à de petites structures sur un plateau andin
Reconstitution éditoriale photo-réaliste d’une architecture circulaire de haute montagne inspirée des dimensions publiées. Ce visuel n’est pas une photographie du site réel.
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Avant les Incas ?

Le site pourrait appartenir au monde inca… ou être plus ancien encore.

L’une des pistes étudiées concerne la période inca.

Elle n’a rien d’absurde.

Le nord de Mendoza appartenait à la marge méridionale du Tawantinsuyu, et la présence inca dans les Andes centrales est abondamment documentée.

Les paysages de haute montagne pouvaient posséder une dimension politique, territoriale et sacrée.

Dans cette vision du monde, une montagne n’est pas seulement un relief.

Elle peut devenir un repère chargé de sens.

Un lieu de passage.

Un point de relation entre territoire, ciel, ancêtres et pouvoir.

Si les structures de la Cordillère du Tigre sont incas, leur emplacement pourrait donc compter autant que leur architecture.

Mais une autre possibilité reste ouverte.

Elles pourraient être antérieures.

Des populations préhispaniques ont parcouru ces montagnes bien avant l’expansion inca.

Et tant que les chercheurs ne disposent pas de datations, attribuer ces cercles à une culture précise serait aller trop vite.

Pour l’instant, les pierres ne donnent pas leur âge.

Elles attendent.

06
Le prochain rendez-vous

En décembre, la montagne pourrait commencer à répondre.

L’histoire n’en est qu’à son commencement.

Le projet ArqueoAndes réunit des équipes d’Argentine et d’Espagne, notamment autour de l’IANIGLA-CONICET, de l’Université nationale de Cuyo et de l’Institut universitaire de recherche en archéologie ibérique de l’Université de Jaén.

Une nouvelle campagne sur le terrain est prévue en décembre.

Cette fois, il ne s’agira plus seulement de regarder.

Les chercheurs prévoient de cartographier précisément les structures, effectuer des prospections pédestres et géochimiques, utiliser des drones et la télédétection, étudier les sédiments et reconstruire l’évolution environnementale du lieu.

Des analyses microscopiques de sédiments et de restes botaniques pourraient aider à comprendre quelles activités se déroulaient ici.

C’est là que l’affaire peut basculer.

Une datation pourrait replacer ces pierres dans une époque.

Un reste végétal pourrait indiquer une activité humaine précise.

Une organisation architecturale pourrait révéler un parcours.

Un détail presque invisible aujourd’hui pourrait transformer l’ensemble en sanctuaire, en espace cérémoniel, en marqueur territorial… ou en quelque chose auquel personne n’a encore pensé.

Pour l’instant, aucune réponse n’a gagné.

Cercles de pierre et passages vus en plongée sur un plateau aride de haute montagne
Reconstitution éditoriale photo-réaliste destinée à illustrer l’échelle du complexe décrit par les chercheurs. Elle ne constitue pas un document archéologique authentique.
07
Ce qui résiste

Le mystère n’est pas qu’une question de forme. C’est une question d’intention.

Il serait facile de résumer l’affaire en quelques mots : des archéologues ont trouvé des murets anciens en montagne.

Mais ce résumé manquerait précisément ce qui rend le site étrange.

Il y a l’échelle.

Des cercles jusqu’à 35 mètres.

Il y a l’organisation.

Des structures reliées entre elles.

Il y a l’altitude.

Plus de 3 000 mètres.

Il y a l’absence, pour l’instant, des signes classiques d’un habitat permanent à la surface.

Et il y a cette vision aérienne, celle qui transforme des pierres séparées en un dessin beaucoup plus vaste.

Cela ne signifie pas que les bâtisseurs avaient besoin de voir l’ensemble depuis le ciel.

Un parcours rituel peut être vécu depuis le sol.

Une architecture peut être alignée sur le paysage sans être destinée à être contemplée dans sa totalité.

Mais il reste quelque chose de profondément vertigineux.

Les constructeurs connaissaient forcément la relation entre ces espaces.

Ils savaient où placer les murs.

Ils savaient où commencer un cercle et où le refermer.

Ils savaient comment relier les parties.

Nous, plusieurs siècles ou peut-être davantage après eux, avons eu besoin d’un œil artificiel en orbite pour retrouver cette cohérence.

Le dessin était toujours là.

C’est notre regard qui manquait.

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Sources principales et documentation


  1. Los Andes, 20 septembre 2026 : enquête locale détaillée sur la découverte, l’expédition et le projet ArqueoAndes

  2. HeritageDaily, 24 septembre 2026 : synthèse internationale du complexe de la Cordillère du Tigre

  3. Diario de Cuyo, 24 septembre 2026 : dimensions, contexte géographique et état de l’enquête

  4. ORCID : profil institutionnel de Cristina Prieto-Olavarría, chercheuse à l’IANIGLA-CONICET

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